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Essai pour une interprétation
architecturale et symbolique de l’alphabet de Mashtots |
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Version pour les enfants :
Les enfants, regardez l’alphabet comme une colonie
de vacances, répartie en petits groupes ; à la
tête de chaque groupe, un plus grand vous dit quoi
faire.
Vous pouvez voir sur le découpage de l’alphabet
les groupes d’enfants et les plus grands qui les
encadrent. Il y a 9 groupes de (5 7 2 1 3 1 1 5 3)
enfants et seulement 8 grands.
Comment ça se fait ?
A chaque groupe, un grand dit ce qu’il a à faire.
Une fois que c’est fait, les enfants du premier
groupe passent dans le deuxième. Un autre grand
donne une nouvelle instruction et ainsi de suite
jusqu’à la fin. Après le dernier groupe, il n’y a
plus de grand, parce qu’on est censé ne plus en
avoir besoin, vu qu’on devient grand soi-même.
Il n’y a pas le même nombre d’enfants dans chaque
groupe, mais rassurez vous, cela signifie
simplement qu’il faut un certain nombre d’enfants
à chaque fois pour réaliser l’instruction qu’on
reçoit d’un grand, comme dans les jeux. Mais tout
le monde essaie les groupes successivement, et
accède au dernier niveau.
Evidemment, ça se mérite, et il faut savoir jouer. |
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I - Architecture
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I – A :
A1 : Caractère numérique |
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Soit les positions de 8 lettres,
-
-
-
-
-
-
-
,
(ZA DZA TZA DJE
CHA TCHA DCHE TSO), initialement sélectionnées
pour leur assonance, leur ressemblance symbolique
ou les deux. L’étincelle de mon travail a jailli
du choix de ces 8 lettres selon ma sensibilité de
musicien.
Ces positions (6 8
14 17 19 23 25 27 33)
énoncent
numériquement ceci :
-
6 : racine
du nombre de lettres dans l’alphabet et premier
nombre parfait, somme de ses diviseurs (1+2+3
= 6).
-
14 :
(3+11) il est bon de noter pour la suite que
si l’on ajoute 3 au rang de
(ZA), on
atteint (TO), tandis qu’on atteint
(TZA)
en ajoutant 11. Ces deux lettres ont un
rapport privilégié avec
(ZA). Par ailleurs,
la distance de
(ZA) à
(DZA), 8 rangs, doit aussi se remarquer, il sera question
de ce 8 à la fin.
-
(17 19 23)
: sont des nombres premiers, divisibles
seulement par 1 et par eux-mêmes.
-
(25 27 33)
: sont respectivement le carré d’un premier
(5) ; le cube d’un premier (3) ; le
produit de deux premiers (3 11)
simplement additionnés dans
(DZA).
Appelons ces 8 lettres : moments de
synthèse. Il m’arrive d’y penser comme parole
divine,
interjection divine, validation…
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A2 : Phonétique
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ZA |
fricative
linguale sonore |
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DZA |
dentale sourde |
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TZA |
fricative occlusive sonore |
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DJE |
occlusive dentale sourde |
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CHA |
fricative prépalatale sourde chuintante |
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TCHA |
fricative occlusive dentale sourde |
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DCHE |
fricative occlusive labiodentale sonore |
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TSO: |
fricative occlusive dentale sonore |
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A3 : Plan de révélation
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Les 8 moments de synthèse correspondent à la
validation par Dieu de la tranche de Son œuvre mise en
présence dans l’alphabet.
Remarque : ces lettres montrent toutes une différence
M / m. La notation M / m, que j'utilise souvent,
signifie Majuscule / minuscule, cela afin de
faciliter la lecture.
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I – B :
B1 : Caractère numérique |
Soit 9 pavés distribués par les 8 lettres précitées.
Les quantités de lettres que contiennent ces pavés
sont (5 7 2 1 3 1 1 5 3).
Tous ces nombres sont premiers. 1 ne serait pas admis
comme premier selon la règle qu’en plus de la double
condition pour être premier, divisibilité seulement
par 1 et par soi, il ne faut pas qu’1 et soi soient le
même. Mais je réfute cette condition supplémentaire de
ce qu’elle n’intervient pas dans la division
proprement dite.
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B2 : Phonétique
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AÏP |
non labiale ouverte centrale |
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PEN |
occlusive bilabiale sonore |
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KIM |
occlusive vélaire sonore |
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TA |
occlusive dentale sonore |
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YETCH |
non labiale chuintante |
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E |
non labiale
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E |
non labiale centrale demi-ouverte |
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TO |
occlusive dentale aspirée |
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JE |
fricative sonore prépalatale
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INI |
palatale non arrondie |
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LIOUN |
linguale latérale simple |
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KHE |
fricative gutturale sourde |
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GUEN |
occlusive vélaire sourde |
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HO |
vélaire sourde |
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GHAD |
fricative vélaire sonore |
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MEN |
bilabiale sonore nasale |
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HI |
palatale sonore |
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NOU |
occlusive sonore nasale |
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VO |
labiodentale sonore ( o : labiale centrale )
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BE |
occlusive bilabiale sourde |
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RA |
uvulaire multivibrante sonore |
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CE |
fricative dentale sourde |
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VEV |
fricative labiodentale sourde |
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DIOUN |
occlusive dentale sourde |
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RE |
monovibrante sonnante |
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HIOUN |
labiale sonnante |
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PIOUR |
occlusive bilabiale sourde |
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KE |
occlusive vélaire sourde
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B3 : Plan de
révélation
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Les 9 pavés correspondent à des états de la matière,
de la vie, telles que Dieu les transmue de sa Parole,
chacun des états recevant un moment de synthèse ou de
validation. Le dernier pavé ouvre sur le silence, le
silence valide le dernier groupe de « lettres
matérielles », il faudrait dire « matériales » si cela
ne sonnait pas si parisien.
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SCOLIE :
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Les chances de tomber sur une autre fonction qui
répartisse 36 points en une série de 8 et une série de
28 afin que d’une part : les pavés de la deuxième
série soient constitués de nombres premiers ; d’autre
part : que tous les nombres premiers plus petits que 8
(1 2 3 5 7) figurent dans la répartition ; et enfin
que la distance entre les rangs d’implémentation de la
première série joue également avec des nombres
premiers, les chances de tomber sur une fonction
analogue à celle que je propose tendent vers moins
l’infini. |
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II – INTERPRETATION DE L’ARCHITECTURE
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Pavé 1
( aïp ( pen
kim
ta)
yètch)
particularités :
- structure enveloppe-noyau. Deux voyelles encadrent
trois consonnes.
- aïp seul se distingue en M / m.
- yètch, semi-voyelle et semi-consonne, s’associe aux
consonnes par similitude M / m et sa double identité
constitue une ouverture vers
ZA.
fonction :
Symbole biotique ; une cellule est en effet constituée
d’une enveloppe, molle, et d’un noyau, dur. La
reproduction d’une cellule vivante ne requiert pas
d’autre qu’elle-même, on l’appelle parthénogénétique,
étymologiquement : le vierge engendrant.
Indépendamment du développement des sciences
naturelles à l’époque de Mashtots, la forme cellulaire
apparaît dans l’art des civilisations orales et
écrites, et du traitement d’archétypes comme celui-ci,
les civilisations révèlent leur dynamique de pensée,
leur puissance de représentation ; il n’y a en soi
rien de surprenant à démasquer un symbole référent au
modèle cellulaire dans le contexte d’un cryptage.
Moment de synthèse 1 :
Za
La Parole divine valide la vie à l’état originel,
montré comme base à partir de laquelle tout
découle, même l’idolâtrie païenne à laquelle Mashtots tente
d’arracher ses ouailles. La Parole résonne en la
validant dans la matière biologique inconsciente, y
insuffle la conscience.
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Pavé 2
( é
e (
tô ( jé
ini
lioun)
khé))
particularités :
- double désinence de
yètch, puis deuxième structure
enveloppe-noyau, l’enveloppe par consonnes dures, le
noyau par consonnes douces encadrant une voyelle
unique.
- les 7 lettres sont identiques en M / m.
- au moment où tô reproduit la validation par
ZA, nous
arrivons au premier quart de la liste.
fonction :
Deuxième symbole biotique, précédé de l’écho de
yètch
que tranche ZA, é et e se montrant sans équivoque
l’écho de yètch, tant phonétiquement que
symboliquement .
Dans l’amortissement de l’écho,
tô reprend
l’injonction du premier moment de synthèse, à 3 rangs
de lui. Il est de plus la translittération de TH,
racine de théos, théâtre, théorie… La voix de Dieu,
résonnant à travers la matière, est reprise en son
sein par la délégation envers
tô, lequel, reproduisant
le geste de filiation, laisse à son tour descendre
jé,
tô dessine un tronc et son fruit tombé en
jé, et
ini
amortit encore le geste, analogiquement à ce que nous
avons vu en yètch, amorti en écho par
é et
e.
A partir de ini, un mouvement symétrique ramène au
second bord de l’enveloppe, d’abord
lioun, doux et
simple ; puis khé, dur et sourd.
La différence fondamentale entre les deux premiers
symboles biotiques est que l’on a d’abord une monade,
ouverte seulement par la Parole, et ensuite un symbole
marqué par l’extériorité grâce à l’action de la
Parole. Le deuxième symbole biotique correspond à la
faculté de discernement, en particulier, puisqu’il
s’agit de la vie, du discernement des espèces, ou des
cultures : en ce V° siècle, l’Arménie tâche de se
débarrasser de l’influence syriaque et les arméniens
doivent apprendre à se reconnaître des cultures
environnantes.
Une telle faculté repose sur les prémices d’une
conscience de soi. Cela est tout à fait manifeste : le
pavé 2 s’ouvre sur la lettre é, signifiant justement «
est », c’est ». La réponse de la matière à Dieu est
l’affirmation de soi, don divin dénotant le passage à
la conscience ; les « hasards » de la langue
attribuent à d’autres langues, l’italien par exemple,
exactement le même sens à é qu’en arménien.
Moment de synthèse 2 :
Dza
Son action réduit la matière vivante à ses principes
masculin et féminin. En effet, il s’agit au début de
parthénogénèse, puis de vie différenciée.
DZA sexue la
matière, jusqu’alors confinée à elle-même. |
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Pavé 3 ( guèn
ho)
particularités :
- binôme composé d’une consonne dure et d’une douce.
- ces deux lettres s’opposent en ce que
guèn ne
diffère pas en M / m et au contraire,
ho si.
- ce sont deux vélaires sourdes.
- elles s’unissent sur un plan et s’écartent sur
l’autre.
fonction :
Réduction aux principes masculin et féminin : guèn est
la première lettre de guin ;
ho, la première lettre de
hay, recevable comme principe mâle. A cela s’ajoute
l’introduction aux plans de connaissance, dont se rend
capable une vie distinguant extérieur et intérieur :
l’extraction de principes induit la science, la
réduction aux principes implique la lucidité face à
l’objet de la science.
Moment de synthèse 3 :
Tza
Enjoint à la matière de se rassembler sous une seule
réalité, la concentre en un seul symbole.
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Pavé 4
ghad
particularités :
- singleton convoluant les lettres du pavé 3.
- similitude M / m
- ghad était au début de la langue, phonétiquement, un
L, différent de lioun. Il reste des traces de cela
dans les noms propres et un peu de vocabulaire.
- nous sommes à la moitié de l’alphabet.
fonction :
les principes masculin et féminin s’unissent et
convoluent sous la forme de l’œuf. « Œuf » incidemment
se dit TZOU en vieil arménien, comme si le 3° moment
de synthèse ordonnait son geste positivement.
La matière passe du stade purement vivant, au stade de
l’ouverture sur le monde, à sa réduction essentielle,
à la capacité de se transformer, de soi, en une
nouvelle espèce, de la fécondation de ses principes.
Moment de synthèse 4 :
Djé
Inaugure la deuxième moitié de la liste, avec un
mouvement graphique rappelant une jeune femme qui
danse, une jeune mariée tournant sur elle-même les
bras ployés au dessus de la tête. Et
Djé fait éclore
l’œuf.
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Pavé 5
(
mèn
hi
nou)
particularités :
- deux consonnes encadrent une voyelle, en fait la
deuxième semi-voyelle semi-consonne.
- la structure enveloppe-noyau commence à se
reconstituer.
- les consonnes sont identiques en M / m, pas la
voyelle.
- hi apparaît en 21° position (3 X 7).
- dans les alphabets latin, grec et
hébreu, M et N se suivent. Tous ces alphabets
existaient du temps de Mashtots. Seul le sien
intercale une lettre, celle du nom de Jésus, entre
elles. Même le cyrillique, inventé un peu plus d'un
siècle après l'arménien, adopte l'enchaînement de
M et de N.
fonction :
L’œuf éclot, dont le fruit est protégé par les deux
principes incarnés par
mèn et
nou, la famille
survient. Mèn est la première lettre du mot «
mart »,
homme, et nou signifie : bru, en vieil arménien. Et
(hi)
est la première lettre du mot
(Jésus). Il y a vraiment
l’image du couple et de l’enfant avec l’idée de
l’alliance, la femme n’étant pas n’importe quelle femme,
mais la belle-fille, instituant l’alliance en se
rendant chez son époux.
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INTERMEDE ECCLESIASTIQUE : (( Cha
vo) ( Tcha
bé)
Dché)
Il se produit un saut qualitatif. Jusqu’à présent
pavés et moments de synthèse alternaient, s’imbriquant
par antiphonie,
ktsord : verset répété
sempiternellement au cours de la liturgie. Ici, on a
alternance par unité de genre, et par couple ( Cha
vo)
et ( Tcha
bé), respectivement doux et dur
phonétiquement.
Dché, resté seul, valide la formule et se tourne vers
le pavé suivant, comme pour lui commander d’être
collectivement son interlocuteur.
On a donc ce que j’appelle pavés 6 et 7, et moments de
synthèse 5, 6 et 7. Cela s’éclaire de l’idée de
rapprochement entre l’homme et Dieu. Ce rapprochement
s’incarne dans l’Eglise.
La théorie d’un artefact inclus dans l’alphabet
arménien, et propice à un dessein politique, religieux
et spirituel, suppose évidemment que l’égide sous
laquelle on entend construire l’Etat, cette égide
étant en l’occurrence l’Eglise, soit représentée. Je
la vois dans l’association de pavés monômes et de
moments de synthèse.
Pour mieux comprendre ce que j’entends par artefact,
je donnerai l’exemple des Tables de la Loi rapportées
par Moïse. Or dans ce cas, les Tables se brisent,
leurs fragments s’éparpillent, la Parole se perd pour
les hommes.
L’expérience de Mashtots n’est pas si éloignée de
celle de Moïse, on a peut-être du mal à rapprocher les
deux héros, mais cela tient à ce que l’un reçut plus
de publicité que le second. Leurs rendez-vous sacrés
avaient des coordonnées jumelles. Et avec Mashtots, la
Parole n’éclate pas, elle se condense au contraire
dans l’alphabet.
Les structures familiale et sociale entrent dans la
spiritualité. Ce groupe de 5 lettres montre l’Eglise,
au sein de laquelle l’homme et Dieu se disent tout ce
qu’ils ont à se dire, sauf le silence, qui ne peut se
dire.
En offrant le double symbole de son rapport au
Créateur, ( Cha
vo) et ( Tcha
bé), l’espèce humaine
reçoit non le silence mais la promesse du silence,
dont le corollaire est qu’on soit digne de foi…
La dignité comme telle s’exprime dans l’accès aux
plans de connaissance induits par la rencontre homme –
Dieu et préparés dans les pavés précédents, plans
marqués par la conjonction des logiques présidant à la
constitution de l’alphabet – de toute façon,
l’alphabet est construit, les positions de ses lettres
ne relèvent pas simplement du hasard.
Ce sont ces plans dont s’entretiennent Dieu et sa
créature, les plans de connaissance nés de l’érection
de l’Eglise et nourris de l’expérience des étapes
antérieures, paganisme compris. Mais ces plans sont
conjoints et l’assemblage des sens que nous y
accordons conduit à cette conjonction.
Et donc, l’Eglise ajoute à l’être la promesse de son
silence. Serait-ce celui de la résurrection ? La
résurrection, pour que nous puissions évoquer un tel
événement, est le fruit d’une révélation, tout comme
l’alphabet de Mashtots, quels que soient les degrés
par lesquels comparer ces révélations, c’est à dire
convenant à la vision et à l’application de procédures
en harmonie avec leurs buts : la vision de
l’inspiration, de l’Inspiration, comme prélude au
silence.
En introduisant cette articulation, je crois légitime
d’affirmer que l’alphabet arménien possède le
privilège de l’unique alphabet au monde incluant le
silence - insensible parmi les lettres.
Si ( Cha
vo) et ( Tcha
bé) forment couple, en délimitant
ce groupe de 5 lettres, Dché laisse l’entretien en
suspend et se tourne vers un nouveau genre
d’interlocuteur. En tant que
Dché occupe un rang égal
au cube de la Trinité (27), quoi de plus beau que de
lui faire succéder par la loi naturelle des nombres
dont tout être humain en naissant reçoit l’intuition,
un nombre parfait ?
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Pavé 8
( Ra ( cé
vèv
dioun)
Ré)
particularités :
- structure enveloppe-noyau.
- cinq consonnes
- Ra et
Ré encadrent
cé
vèv
dioun.
- les voyelles qui enveloppaient le noyau du pavé 1
font place à deux consonnes vibrantes.
fonction :
Troisième symbole biotique complet, ce groupe commence
sur le deuxième nombre parfait connu (1+2+4+7+14 =
28), alors qu’il vient dans l’analyse figurer le
peuple arménien réuni sous l’égide ecclésiastique, le
peuple qui découle du mouvement de la « vie pure » à
l’Eglise, un peuple théoriquement parfait ;
S’il s’agit bien de l’image d’un peuple intégrant la
spiritualité, il est intéressant de noter que le pavé
8 dessine à nouveau, phonétiquement, l’alternance
signalée dans la partie précédente : successivement ,
sonore-sourde-sonore-sourde-sonore. Les sonores se
placent sur les moments de synthèse, les sourdes sur
les lettres matérielles.
Prise ainsi, cette image d’un peuple dur, soudé par
l’Eglise, construit simultanément sur les modèles
biotique et spirituel, devient celle d’un rempart
enveloppant la communauté, comme nous n’avions qu’une
fragile enveloppe et un cœur vulnérable au
commencement.
Un peuple saisi par son destin et digne que des siens
monte un être tel que le Christ (je ne dis pas que
Mashtots et Sahak envisageaient qu’un Christ sorte du
peuple arménien ; je songe à une « orientation » vers
le Christ).
Moment de synthèse 8 :
Tsô
Le dernier moment de synthèse possède l’intensité
requise pour valider l’apparition de ce peuple. Il
possède une autorité égale à celle de
ZA mais au lieu
d’insuffler la Parole en la matière, il en aboutit
l’évolution à l’échelle d’une nation entière.
Tsô
commande aussi au détachement de la matérialité :
ayant accompli son périple, l’homme accède à la voie
du Christ, l’échange avec Dieu fondant l’unicité de
leur nature ; se séparant d’elle-même, elle emmène
l’esprit avec elle.
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Pavé 9
( hioun
piour
ké)
Avant
Za,
yètch s’ouvre à la Parole comme semi-voyelle
semi-consonne. A la suite de
Tsô,
hioun, troisième
semi-voyelle semi-consonne, referme le livre.
Ainsi, ces trois lettres –
yètch,
hi
et
hioun –
s’expliquent rationnellement : chacune se place à un
endroit clé, lui-même fondu dans l’architecture
générale, la première recevant la Parole, la deuxième
l’incarnant, la troisième se détachant du monde des
deux précédentes.
Il faut donc quitter le monde. Seuls demeurent
piour,
la lettre du
philein, l’amour, et
ké, la lettre du
Christ.
Ké s’élance et entraîne l’amour avec lui, afin
d’entrer dans le silence divin, absolu.
Si
piour est la translittération du PH, l’indice qu’il
soit celui du philein s’avère dans sa position : 5 X
7, un produit de nombres premiers, liés au 3 X 7
de
hi.
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ET ENSUITE…
De part et d’autre de l’alphabet,
Asdvats
(Dieu) et
Kristos
jettent un pont par dessus le Silence, en contemplent
l’étendue, l’assurent comme passage pour l’âme.
Voici le moment de revenir à ce fameux 8 qui distancie
ZA de
DZA. Il y a le pavé 9 et ses trois lettres ;
puis le silence ; puis les cinq lettres du pavé 1.
Après Za, un nouveau silence, résonnant celui-là, et
huit pas pour arriver à
DZA. On obtient une symétrie
autour de la première interjection divine…
Ainsi, la liste se transforme en cycle, et la
résonance succédant à
ZA n’est plus
le silence de la matière mais celui de l’être
réincarné, de l’homme, jamais tout à fait pur,
toujours teinté de bruit… |
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