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Un pome de Daniel Varoujan :
A ma petite Colombe
Traduit de larmnien par Louise Kiffer
Ce pome est ddi sa fille ge de un an qui lappelait dj Hayrig

Daniel Varoujan - Tchiboukrian (1884-1915) est lun de nos plus grands potes armniens. Dans la nuit du 11 avril 1915 il a t arrt avec les intellectuels armniens de Constantinople. Dport dans les dserts, il a t sauvagement assassin le 24 aot 1915.
Sa fille unique, Vronica Safrasian Tchiboukrian tait ne Peternik, un village de Sbastia, le 6 juin 1910. Aprs la mort de son pre, elle fit ses tudes Genve, puis elle alla aux USA en 1930. Elle devint bibliothcaire New-York jusquen 1982. Elle est dcde le 2 fvrier 2009 Purdys, N.Y lge de 98 ans.

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Belle, belle, belle, rose de mon Printemps,
Qui tes ouverte sur mon cur,
Et a dploy avec toi en mon me afflige
Un nouveau rve resplendissant.

Le vieux berceau qui, tel un vase abandonn,
Devenait une paillasse pour laraigne,
A repris vie avec tes gazouillements, comme un nid
Sest enjoliv de nouveau.

Un soleil neuf, avec les rayons de tes yeux,
Sur mon seuil sest clos,
Et dans sa cage ma perdrix blesse,
A entonn un chant convoit.

Toi, de chambre en chambre tu tes envole lgrement
Comme un oisillon tomb du nid,
Enchants par ta voix sont arrivs dans ma maisonnnette
Des sraphins lumineux.

Belle, belle, belle, rose de mon Printemps,
Viens tasseoir sur mes genoux,
Quun doux clair de lune inonde ma poitrine
De tes soyeux cheveux dors.

Enchane mon cou de tes bras dlicats
Semblables un collier de fleurs ;
Souris-moi, pour que le froid chaos de mon cur,
Sembrase avec laurore.

Parle-moi, avec le langage inconnu, que toi
Tu as apport du ciel avec toi,
La rose dploie son chatoiement, et la lvre de lenfant
Le rouge du doigt divin.

Vois comme le clair de lune me regarde
Au fond du spulcre tnbreux ;
Mon amour mort va ressusciter
Et va vivre pour toi.

Pour toi, dont la chair est constitue
De ptales de lys,
Dont les manches de chemise embaumes dhuile sainte
Sont tisses selon limage des papillons.

Pour toi, mon pome immortel
Que jai conu avec mon sang,
Que jai chant en pinant les cordes de mon cur,
La corde la plus sensible.

Seule ta main me fait tenir debout
Sur les sables de ma gloire
Et un seul de tes cheveux suffit attacher
Mon me lunivers.

Ma petite Colombe, ma tendre desse,
Quichante ta douce me,
Laisse mes larmes qui coulent sur tes joues
Devenir des rires ou des rubis.

Que tes pupilles pulvrisent les astres du ciel
Sur mon front rid !
Qui a tenu au-dessus de lui, comme une couronne
Les profondes blessures de mon cur.

Car moi je suis le nant devenu heureux
A la lumire dun ver luisant.
Je suis le dsert, qui sourit au ciel,
Pour sa plante qui a germ.

Traduction Louise Kiffer